Le territoire de Monteaperta est habité depuis la préhistoire, comme en témoignent les restes de silex trouvés dans les grottes karstiques dispersées sur son territoire. Jusqu'à 3000 ans avant JC, le climat est chaud et humide. L'homme commence à élever du bétail et à travailler la terre. Dans ces vallées, l'homme néolithique vivait la plupart du temps dans des grottes et des cabanes. A Monteaperta, la découverte récente d'objets aussi divers que des haches en pierre et une pierre ronde destinée à moudre le grain, attestent de sa présence.

Dès le troisième siècle avant JC, le site est occupé par des groupes de Celtes (appelés Gaulois par les Romains), puis par des populations originaires de la Carniole. La tradition rapporte que Jules César a poussé ses troupes à travers ces montagnes (58-50 avant JC) notamment à travers la gorge de Crosis en passant par Cuel Lanis avant de descendre tranquillement à Gemona. L’on retrouve notamment les traces d'une voie romaine et d’un pont romain qui mène de Nimis à Kobarid.

Au sixième siècle, s’installent dans les Alpes juliennes les Avars, puis des Slaves originaires de Pannonie. Les habitants conservent encore de nos jours ce parler d'origine slave antique (le dialecte slave de la vallée du Torre appelé « po-našem » en slovène). Le nom slave de Monteaperta est Viškorša et dérive d’un mot dialectal désignant le sorbier des oiseleurs.

Monteaperta commence probablement à prendre consistance au cours de la période du règne longobard (558-776). En 670 le duc longobard Vettari vainc les Slaves dans la bataille de Broxas (Brischis). En 700, ce sont les Slaves qui gagnent la bataille contre les Longobards, dirigée par le duc Ferdulfo. Dans une bataille qui se déroule sur le Monte Purgessimo le duc lui-même est tué. En 725, les Slaves sont à nouveau défaits par le duc longobard Pemo à la bataille de Lauriana (Lavariano). La défaite est tempérée par un accord de paix qui prévoit l'échange réciproque de terres pour le pâturage. Le fils de Pemo, Ratchis, défait les Slaves en 738 dans la région carniole. Les Slaves attaquent alors en représaille Ratchis dans une brusque attaque si violente et si rapide qu’il n’est pas en mesure même de saisir sa lance, mais se défendra avec un bâton (anecdote rapportée par l'historien Paul Diacre).

L'histoire véritable de Monteaperta commence au douzième siècle, quand des pasteurs originaires de Venzone se réunissent pour former un village contre les incursions des voleurs et des brigands. La première mention écrite de Monteaperta remonte à 1300 : c’est une déclaration féodale que fait de cet endroit le noble Nicolò di Castellerio. Durant le XIIIe siècle, Monteaperta et Cornappo relèvent de la compétence des comptes Savorgnan d’Osoppo. Restée tout d’abord sous la juridiction du Patriarcat d'Aquilée, puis de l'Empire austro-hongrois, Monteaperta gagne en importance et passe sous la tutelle de la République de Venise, à l'exception d'une brève période française et napoléonienne (1797), jusqu'à l'annexion du Frioul à l’Italie en 1866.

Monteaperta et les fractions voisines gagnent en importance et se développent comme des « villes slaves ». Elles restent néanmoins sous la juridiction religieuse de la paroisse de San Gervasio de Nimis. A la tête de chaque « ville slave », il y avait une autorité locale dénommée « degano» qui régissait la vie de la ville, administrait la justice, présidait les assemblées et choisissait également les vicaires. L'on pouvait faire appel des décisions du « degano » au capitaine d'Osoppo, qui dans ses dernières années résidait à Nimis. L'auteur italien Ippolito Nievo décrit la vie du « degano » et des habitants de Monteaperta ainsi que les usages de l’époque dans son célèbre roman « il Conte Pecoraio » (1856).

Ce village, autrefois ville indépendante (cité dans l'inspection de la canonique du 10 Juin 1737 comme « ville » de Monteaperta) est rattaché en 1797 à la municipalité d’Attimis et à la vice-préfecture de Cividale. En 1818, l'Empire austro-hongrois rattache Monteaperta au district de Faedis ; ce dernier est aboli en 1853 et Monteaperta retourne à Cividale. En 1861, Monteaperta rejoint finalement le district de Tarcento et dépendra de la mairie de Platischis jusqu'au 24 mars 1929. Actuellement Monteaperta dépend de la commune de Taipana, province d’Udine.

Les prêtres en fonction à Monteaperta de 1691 à 1912

  • 1691 - Giuseppe Biasutti de Monteaperta
  • 1712 - Valentino Tomasino de Montemaggiore
  • 1713 - Pietro Debellis de Monteaperta
  • 1735 - Carlo Orsi de Caporetto (Kobarid)
  • 1742 - Sebastiano Comelli de Torlano
  • 1745 - Giovanni Pisch de Canal di Ronzina
  • 1757 - Sebastiano Petterin de Lucinicco
  • 1773 - Pietro Debellis de Monteaperta
  • 1781 - Stefano Boreaniz de Masarolis
  • 1788 - Marino Biasutti de Monteaperta
  • 1791 - Paolo Debellis de Monteaperta
  • 1824 - (poste vacant)
  • 1826 - Tommaso Cussig de Sedilis
  • 1828 - Gio B. Bobbera de Lusevera
  • 1831 - Giuseppe Fattori de Rizzolo
  • 1844 - Giovanni Cerich de Canebola
  • 1847 - Mattia Ceschia de Nimis
  • 1850 - Valentino Caucig de Prepotischis
  • 1859 - Francesco Faidutti de Canebola
  • 1881 - Giuseppe Zanitti de Montenars
  • 1882 - Pietro Zanitti de Tarcento
  • 1888 - Valentino Cuffolo de Platischis
  • 1898 - Antonio Fant de Qualso
  • 1904 - Giacomo Loro de Villanova delle Grotte
  • 1907 - Luigi Faidutti de Cividale (premier vicaire et curé de Monteaperta nommé en 1912)